Page 1 < Page 2 < Page 3 > Page 4 > Page 5 > Page 6
Quelles sont les conséquences et les pratiques actuelles de traçabilité ?
Jean-Luc VIRUEGA :
En continuant la comparaison de l’industrie financière à l’industrie classique, on peut mettre en évidence les conséquences probables dans le secteur de la finance en termes de traçabilité.
Il est fort probable qu’une obligation de traçabilité des produits financiers voit le jour afin de diminuer le risque de “contamination croisée” des marchés. Ensuite, les obligations de traçabilité des données et des pratiques financières vont être augmentées, notamment par les autorités telles que l’AMF ou l’administration fiscale (par l’intermédiaire notamment des B.V.C.I.). Ce qui se retrouve au niveau des pratiques actuelles de traçabilité qui sont en plein développement dans ce secteur, comme en témoigne la certification ISO 9001:2008 des cabinets d’expertise comptable et même des ordres régionaux et nationaux.
Maintenant, il convient de relativiser ce développement qui s’effectue dans un contexte particulier.
La traçabilité est historiquement considérée comme une contrainte et les acteurs d’un secteur estiment souvent qu’un système de traçabilité répond avant tout à une obligation réglementaire avec un coût important sans pour autant permettre une valeur ajoutée à leur métier, alors que c’est un outil efficace et rentable dans le fond.
Ne serait ce que parce qu’il est utilisé dans le secteur de la qualité, la traçabilité permet de mieux gérer son activité et de développer des indicateurs et des tableaux de bord permettant une mesure plus précise des ses actions et donne au professionnel des arguments supplémentaires pour mieux vendre sa prestation, valoriser au mieux sa structure et se défendre en cas de litige.
Bruno SAUREL :
En termes d’obligations l’entreprise doit tenir à disposition de l’administration un archivage fiscal complet, avec l’intégralité des éléments comptables qui la constitue, ce qui dans le domaine de la gestion des immobilisations signifie :
- Historique des événements du cycle de vie des immobilisations (sortie partielle, changement de plan, décomposition, changement d’établissement, etc…)
- Intégralité des écritures comptables relatives aux biens.
En d’autres termes, toutes les données qui concourent directement ou indirectement aux résultats comptables et aux déclarations fiscales doivent être accessibles.
La mise en œuvre de ces obligations réglementaires a déjà un intérêt évident : une sécurité totale vis-à-vis de l’administration fiscale.
Mais au-delà de cet aspect, le simple respect des lois permet à l’entreprise :
- d’optimiser les résultats d’exploitation,
- de renforcer les capitaux propres,
- de diminuer le coût du financement bancaire,
- d’améliorer la trésorerie et de diminuer l’impôt des sociétés,
- de mettre à disposition de tous les acteurs une information sincère et transparente.
Voilà la réelle valeur ajoutée dont peut bénéficier l’entreprise rien qu’avec l’application des règles et la mise en conformité de ses données !
Mais la matière grise ne suffit pas. Sans un logiciel conçu dans cet objectif, et garantissant l’entière traçabilité des opérations, il est impossible d’appliquer ces mesures si avantageuses pour l’entreprise.